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Hier c’était la rentrée des P1, les pauvres étudiants de première année de médecine qui, pour la plupart, ne savent pas ce qui va leur arriver dans les mois qui viennent.

Et pour y avoir passé deux ans, je sais de quoi je parle.

La pression monte dès le matin pour trouver une place. 10 minutes de retard et l’espoir d’en trouver une dans le parking de la fac s’envole. 7h30, c’est la bonne heure pour arriver.

Arrivée à la cafet de la fac : le choix doit se faire entre bosser encore, ou faire enfin autre chose qu’ingurgiter les cours travaillés tard dans la nuit avant d’aller assister aux nouveaux. De toute façon on ne connait pas grand monde, alors au début tout le monde potasse.

8 heures : l’heure d’aller jouer des coudes pour une place dans l’amphi. Plus l’amphi est grand, plus la bataille est rude, propriété physique qui n’est, pour sa part, pas expliquée durant les cours. Moi je suis toujours au dernier rang. On voit moins bien, mais on évite de commencer le cours en sueur. Cette folie du placement ne dure qu’une quinzaine de jour, le temps que la première charrette de “mmmm, c’est pas pour moi médecine” s’en aille.

Fin des cours. Annonces du prof : le polycopié du cours est disponible. Nouvelle bagarre devant la modeste cahute qui les vend : une file de 50 mètres avec l’espoir que les stocks ne seront pas épuisés.

Repas de midi : un mauvais sandwich avalé, puis départ pour la BU, la fameuse bibliothèque dans laquelle on est censé être au calme pour travailler. On sent surtout une grosse pression en se disant que pour être médecin, il faudra plus ou moins connaître le contenu de tous les bouquins à disposition. Enfin, ça dépend des jours.

Les écuries : il y a celle des internes (montrer patte blanche pour entrer) et puis il y a les autres. On trouve des arnaques, des trucs proches de sectes, des méthodes magiques … sans oublier les produits miracles pour se concentrer ou pour tenir.

Viendront rapidement les examens. Le pas de cul c’est d’avoir une crise de colique néphrétique le jour du premier. J’ai testé. Méchant comme truc. 5 mois de vie gâchés pour rien, et du coup un gros manque de motivation pour la fin de l’année.

Jour des résultats : on y va quand même, pour voir les résultats de ceux que j’ai pu passer : passable. Passable en médecine, c’est exactement comme nul. Soit on est au dessus de 15, soit on pourra, au mieux, avoir des équivalences en fac de Bio ou autre.

Redoublement : première fois dans ma vie que je redouble, j’ai 15 kilos de plus qu’il y a un an et pas mal de questions. On recommence le cycle infernal. Mais je constate simplement que je n’y arrive pas.

Pour réussir en médecine, il faut être capable de fournir un volume énorme de travail avec une concentration de tous les instants. Et ça j’en suis incapable sur 1 an, encore moins quand cela concerne des choses peu sexy comme la thermodynamique.

Assez rapidement, la décision est prise de se réorienter. On va aller à Paris dans une école de commerce qui ouvrira plus rapidement des portes, et dans des domaines particuliers. Ça sera l’ISG.

Et tant mieux, tout cela est vieux de 12 ans, et si j’avais eu mon année, vous n’auriez pas de Marseille.tv aujourd’hui, et je serai passé à côté de personnes sympa qui éditent ce site avec moi.

P1 donc, pas de stress, la vie ne s’arrête pas à la Médecine. Essayez du mieux que vous pouvez, mais pas de regrets à avoir !


commentaires

  1. Eh ben, j’aurai jamais imaginé que tu aurais eu un parcours comme ça 🙂

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